L'antiquaire Parisien

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## Les antiquités les plus chères jamais volées

Le monde des antiquités est souvent associé à des histoires de trésors cachés, de découvertes archéologiques fascinantes et de pièces d’une valeur inestimable. Cependant, il est également marqué par des vols spectaculaires qui ont défrayé la chronique. Cet article explore certaines des antiquités les plus chères jamais volées, les circonstances de leur disparition, et les efforts déployés pour les retrouver.

### 1. Le masque funéraire de Toutânkhamon

Le masque funéraire de Toutânkhamon est l’une des pièces les plus emblématiques de l’Égypte antique. Bien que ce masque n’ait jamais été volé, il a été au centre de nombreuses tentatives de vol et de controverses. Découvert en 1922 par Howard Carter dans la tombe du jeune pharaon, ce masque en or massif incrusté de pierres précieuses est estimé à plusieurs millions de dollars. Sa valeur historique et culturelle est inestimable, et il est conservé au Musée égyptien du Caire sous haute surveillance.

### 2. Les marbres du Parthénon

Les marbres du Parthénon, également connus sous le nom de marbres d’Elgin, sont une collection de sculptures grecques anciennes qui ont été retirées du Parthénon d’Athènes par Lord Elgin au début du XIXe siècle. Bien que leur acquisition soit légale selon les documents de l’époque, leur transfert au British Museum a été perçu par beaucoup comme un vol culturel. La Grèce réclame depuis des décennies leur restitution, arguant qu’ils ont été pris illégalement et qu’ils font partie intégrante de son patrimoine culturel. La valeur de ces marbres est incalculable, tant sur le plan financier que culturel.

### 3. Le buste de Néfertiti

Le buste de Néfertiti, découvert en 1912 par l’archéologue allemand Ludwig Borchardt, est une autre antiquité qui fait l’objet de vives polémiques. Ce chef-d’œuvre de l’art égyptien, datant de 1345 avant J.-C., est actuellement exposé au Neues Museum de Berlin. L’Égypte revendique la restitution du buste, affirmant qu’il a été exporté illégalement. Les autorités allemandes, quant à elles, soutiennent que le buste a été acquis de manière légale et qu’il est un symbole important de leur collection. Cette controverse met en lumière les tensions entre les pays d’origine des antiquités et les institutions qui les détiennent.

### 4. Les bronzes du Bénin

Les bronzes du Bénin, une collection de sculptures et de plaques en métal datant du XIIIe siècle, ont été pillés par les troupes britanniques lors de l’expédition punitive de 1897 contre le royaume du Bénin (actuel Nigeria). Ces œuvres d’art se trouvent aujourd’hui dans plusieurs musées européens, notamment le British Museum et le musée du Quai Branly à Paris. Le Nigeria réclame leur restitution, arguant qu’elles ont été volées et qu’elles représentent une part essentielle de son patrimoine culturel. Cette demande de restitution s’inscrit dans un mouvement plus large de décolonisation des musées et de reconnaissance des injustices historiques.

### 5. La statue de la déesse Sérapis

La statue de la déesse Sérapis, une œuvre romaine en marbre datant du IIe siècle après J.-C., a été au centre d’une controverse après son acquisition par le Getty Museum en Californie. Des preuves ont émergé indiquant que la statue avait été illégalement excavée et exportée d’Italie. En 2007, après des années de négociations, le Getty Museum a accepté de restituer la statue à l’Italie. Cette affaire a mis en lumière les pratiques douteuses de certains musées en matière d’acquisition d’antiquités et a conduit à une réévaluation des politiques d’achat et de provenance.

### 6. Les manuscrits de la mer Morte

Les manuscrits de la mer Morte, découverts entre 1947 et 1956 dans des grottes près de Qumrân, sont l’une des découvertes archéologiques les plus importantes du XXe siècle. Cependant, leur découverte et leur acquisition ont été entourées de controverses. Certains fragments ont été vendus sur le marché noir, et des questions subsistent quant à la légitimité de certaines acquisitions. De plus, la gestion de ces manuscrits par les autorités israéliennes a suscité des critiques, notamment de la part des Palestiniens, qui revendiquent une part de ce patrimoine. Cette controverse illustre les enjeux politiques et culturels liés à la découverte et à la gestion des antiquités.

### 7. La Vénus de Milo

La Vénus de Milo, une statue grecque en marbre datant du IIe siècle avant J.-C., est l’un des trésors les plus célèbres du Louvre à Paris. Découverte en 1820 sur l’île de Milos, en Grèce, la statue a été rapidement acquise par la France. Cependant, des voix en Grèce ont réclamé sa restitution, arguant que la statue a été prise de manière inappropriée. Bien que la France n’ait pas l’intention de restituer la Vénus de Milo, cette controverse soulève des questions sur la légitimité des acquisitions d’antiquités par les grandes puissances européennes au XIXe siècle.

### 8. Le Codex Leicester de Léonard de Vinci

Le Codex Leicester est un recueil de notes et de croquis de Léonard de Vinci, rédigé entre 1506 et 1510. Ce manuscrit est l’un des plus célèbres de l’artiste et a été acquis par Bill Gates en 1994 pour la somme record de 30,8 millions de dollars. Bien que ce manuscrit n’ait pas été volé, il a été au centre de nombreuses controverses concernant sa vente et son acquisition. Le Codex Leicester nous offre un aperçu unique de l’esprit curieux et visionnaire de l’un des plus grands génies de l’histoire.

### Conclusion

Les antiquités les plus chères jamais volées ne sont pas seulement des objets d’une grande valeur monétaire, mais aussi des témoins précieux de notre histoire et de notre patrimoine culturel. Les controverses entourant leur acquisition et leur restitution soulèvent des questions complexes sur la propriété culturelle, la justice historique et la responsabilité des institutions qui les détiennent. En reconnaissant et en abordant ces controverses, nous pouvons espérer construire un avenir où le patrimoine culturel est respecté et préservé pour les générations futures.